Restaurer un réseau de mares bocagères

La fédération départementale des chasseurs de la Loire, en lien avec des agriculteurs, engage des travaux pour restaurer un réseau de mares bocagères sur une commune du piémont des Monts du Forez, la commune de Marcoux. Les résultats sont là : libellules, amphibiens commencent à reconquérir ce territoire dominé par la polyculture élevage. Et le réseau de mares assure désormais une continuité entre deux réservoirs de biodiversité, au plus grand bénéfice de la flore et de la faune sauvage.

Un territoire à reconquérir

De nombreuses espèces d’amphibiens et de libellules ont disparu au fil du temps, suite à un comblement progressif des mares sur la commune de Marcoux dans la Loire (42). Après de nombreux échanges entre les agriculteurs, qui utilisent les mares pour l’abreuvement du bétail, et les chasseurs, l’enjeu biodiversité est devenu une priorité partagée par tous.

La restauration des mares apparaît alors comme l’élément indispensable pour permettre à ces espèces de reconquérir le territoire. Le maintien du réseau de mares en bon état écologique permet aussi d’assurer une continuité entre deux réservoirs de biodiversité. 

Les réservoirs de biodiversité sont des territoires dotés d’une biodiversité particulièrement riche, dans lequel les espèces animales ou végétales trouvent des conditions favorables pour se développer, se disperser et coloniser d’autres territoires.

Une action collective pour restaurer 50 mares

Aucune étude n’a été réalisée au préalable, le travail s’est fait entre la population, la fédération de chasse et les agriculteurs. Cela a permis un projet dynamique, au plus près du territoire, avec un objectif de restaurer une cinquantaine de mares.

Il a fallu retrouver l’ensemble des propriétaires de mares, obtenir leur accord pour les restaurer. Une convention pour la réalisation des travaux a été signée entre les agriculteurs et la fédération départementale des chasseurs de la Loire.

Différents types de restauration ont été pratiqués :

  • mise en place de bac à débordement pour abreuver le bétail et clôture de la mare ;
  • clôture de mare à des fins de biodiversité sans prise d’eau ;
  • création de mares proche de la lisière de forêt pour apporter de nouvelles espèces d’amphibiens.

Mares de Marcoux restaurées

Photos des mares de Marcoux
Agrandir l'image Mares de Marcoux restaurées dans une nouvelle fenêtre

De gauche à droite - mare abreuvoir - mare pour favoriser la biodiversité - mare en lisière de forêts

© Agence de l'eau Loire-Bretagne - Sandrine Robert

Le coût des travaux s'élève à 75 000 euros dont 80% bénéficient d'une subvention de l'agence de l'eau Loire-Bretagne, dans le cadre de l'appel à initiatives biodiversité lancé en 2018. Les mares ont été inaugurées au mois de juin 2019, en présence des élus, de la fédération des chasseurs de Loire, des agriculteurs et de l’agence française pour la biodiversité.

Une grande réussite

Au total, cinquante-neuf mares sont restaurées. Le sonneur à ventre jaune a fait son apparition dans une des mares, preuve de l’efficacité des actions en faveur de cette espèce protégée par un plan national d’action depuis 2012. D’autres espèces telles que le triton crêté ou le triton palmé sont apparues.

La restauration de ces mares sur le seul territoire de la commune de Marcoux, soit un petit périmètre, a permis de construire un réseau intéressant entre les agriculteurs et les acteurs de la biodiversité. Le concept a été apprécié et bien accepté. Via les réseaux de chasseurs et d’agriculteurs, la démarche est parvenue à intéresser les communes voisines. La fédération de chasse reçoit de nombreuses demandes d’expertises et de soutiens techniques pour de nouvelles réalisations.

« L’idée de restaurer les mares était intéressante. Les mares proviennent de sources, aussi nous n’avons pas besoin de nous connecter au réseau d’eau. C’est un approvisionnement simple et gratuit pour notre bétail qui a pris de l’importance lors de la canicule de cet été. La réhabilitation des mares a eu un bon impact sur la biodiversité. Les amphibiens sont revenus très rapidement. Je conseille cette démarche à tout le monde. Petite précaution, il est important de bien clôturer afin d’éviter le piétinement par les animaux lors de l’abreuvement. »

Jonathan Heim, agriculteur

Suivi  et entretien sont au programme

Au printemps 2020, un suivi pour les amphibiens sera réalisé sur chacune des mares. Le suivi du sonneur à ventre jaune sera fait au mois de juin. Pour éviter un comblement trop rapide, les mares seront entretenues régulièrement.

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