Réduire sa consommation d’eau de 22 % dans l’industrie : défi relevé pour Olga Sojasun

Face aux enjeux croissants liés à la gestion durable de la ressource en eau, la société Olga Sojasun initie un projet ambitieux pour optimiser sa consommation tout en garantissant la qualité de ses produits. Dans cette perspective, depuis 2020, plusieurs actions concrètes sont déployées comme un système innovant de traitement par osmose inverse et l’installation de tours adiabatiques. Focus sur ces démarches stratégiques pour la sécurisation et la réduction de la consommation d’eau dans un contexte industriel.

Entreprise familiale et indépendante fondée en Bretagne, la société Olga Sojasun fabrique depuis plus de 70 ans des produits alimentaires et nutritionnels responsables. Dans un objectif de sobriété et de préservation de la qualité de l'eau, Olga diminue sa consommation en eau directement à la source sur son site de Châteaubourg, dédié à la fabrication de produits végétaux.

Entre 2020 et 2024, ses initiatives ont permis l’économie de 86 000 m³ d’eau, soit une baisse de 22% de la consommation.

Comprendre les enjeux techniques et stratégiques d'Olga Sojasun

Olga s’attache à trouver un équilibre entre la sécurité sanitaire des produits et une consommation d’eau optimisée.

La transformation du soja, cœur d’activité du site, nécessite d’importants volumes d’eau. En effet, la graine de soja brute, matière première des desserts et boissons, contient très peu d’eau. Pour obtenir un produit fini composé à plus de 90% d’eau, il est donc indispensable d’en ajouter. Sur le site Sojasun, cette étape constitue la principale source de consommation d’eau.

Le nettoyage joue également un rôle clé : il garantit la qualité, la sécurité et l’hygiène tout au long de la fabrication. Par ailleurs, les utilités industrielles représentent un autre poste majeur de consommation, notamment à travers le fonctionnement des tours aéroréfrigérantes et divers équipements nécessitant de l’eau.

Pour maîtriser sa consommation en eau, Olga Sojasun applique une gestion rigoureuse basée sur la démarche des « 3 R » : Réduire, Réemployer, Recycler.

Jean-Charles Gallée, responsable Environnement, énergie, sécurité (Olga - Châteaubourg)

photo portrait de Jean-Charles Gallée - Olga Sojasun

Jean-Charles Gallée

© aelb / Une image à part

« Depuis de nombreuses années, nous travaillons sur les économies d'eaux dans la logique des 3R. Pour piloter efficacement ces actions, des compteurs à télérelève ont été installés pour assurer un suivi précis et en temps réel des consommations. Face aux épisodes récents de sécheresse et aux éventuelles restrictions sur les prélèvements et la consommation d’eau, les dispositifs mis en place permettent d’assurer la continuité et la gestion efficace de l’activité. »

Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

Vidéo - Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

novembre 2025

© Agence de l'eau / Une image à part

Un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau - Entreprise Olga Sojasun - Châteaubourg – Ille-et-Vilaine

Voix Off

À moins de 3 kilomètres de la Vilaine, et dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau, le groupe Olga relève les défis : produire, innover, réduire la consommation d‘eau, et limiter les rejets.

Voix Off

L’entreprise agroalimentaire familiale et indépendante, compte 1 100 salariés et 3 sites bretons. Ici, à Châteaubourg, les 170 employés transforment chaque année, 8 000 tonnes de soja en 32 000 tonnes de boissons végétales, yaourts et desserts ultra-frais, une production qui nécessite 400 000 m³ d’eau chaque année.

Thierry Collineau - Responsable Industriel – Pôle végétal - Olga - Châteaubourg (35)

« La question de l'eau, elle est fondamentale et obsessionnelle. On y travaille au quotidien. L'eau, on la prend dans le réseau ou dans la nappe. Ce site, il est plutôt pilote effectivement en matière d’impact environnemental et en tout cas de préservation de l'environnement et de réduction des consommations d'eau. »

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« On s'est rendu compte que l'eau n'était pas inépuisable, notamment pendant les derniers épisodes de sécheresse. C'est pourquoi, on met en place un certain nombre d’actions toujours dans la logique des 3R : Réduire, Réutiliser, Recycler. »

Voix Off

Recycler, pour moins consommer, grâce à un système innovant d’osmose inverse. Des dizaines de mètres de tuyaux, des super filtres : cette installation a été construite en 2023, pour purifier l’eau issue du process de transformation du soja.

Jean-François Quinton - Responsable d’atelier - Olga - Châteaubourg (35)

« On a 2 étages de filtres. Ce qui rentre à l'intérieur va passer par 15 étages de membranes avec des pores extrêmement fins. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Et avec la pression, on va passer à travers les membranes d'osmose, éliminer les minéraux, virus et bactéries. Ce qui fait que de l'autre côté de la membrane, on va retrouver une eau complètement purifiée. »

Voix Off

Cette eau recyclée est notamment utilisée dans les chaudières et dans ces tours adiabatiques bâties en 2022.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est une tour adiabatique qui vient remplacer les tours aéroréfrigérantes classiques. Ce n’est plus de l'eau qu'on vient injecter dans la tour. C'est de l'air qui va passer à travers une structure cartonnée et qui va permettre de refroidir le produit. On fait du froid sans eau jusqu'à 26, 27 degrés.

Jérôme Lelièvre - Responsable énergie - Olga - Châteaubourg (35)

« Sur un système aéro, sur la même installation, on était à 9 000 m³ d'eau consommés. Là, on est à 1 000 m³ d'eau consommés par an. »

Voix Off

Pour réduire la consommation d’eau à chaque étape du process, les équipes ont été formées et de nombreux compteurs de télérelève mis en place. Ici, l’entreprise Olga a économisé 44 000 m³ d’eau chaque année grâce à l’osmose inverse et 86 000 m³ entre 2020 et 2024, 22 % de la consommation globale du site. Enfin, pour préserver le petit cours d'eau au faible débit proche de l'usine, l'industriel breton a construit une canalisation de 2 kilomètres pour rejeter les eaux de la station d'épuration.

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« La construction d'une canalisation permet aujourd'hui de rejeter l'eau épurée directement dans la Vilaine où le milieu récepteur est plus propice. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« On est en Ille-et-Vilaine avec simplement 3 % des masses d'eau en bon état. Ce qui rend encore le travail plus compliqué pour les industriels pour trouver de l'acceptabilité en termes de rejets. »

Voix Off

Montant des investissements, ces 4 dernières années, sur le site de Châteaubourg, 3, 2 millions d’euros financés à 40 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est un site exemplaire par tout ce qu'il a pu mettre en place avant pour économiser de l'eau, aujourd'hui, recycler de l'eau. Tout ça, on l'a accompagné. Effectivement les axes de sobriété sont des axes prioritaires de notre programme.»

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« L’agence de l'eau a été un soutien essentiel. Sans ces aides, nous n’aurions pas pu investir autant ou en tout cas pas aussi vite. Pour la préservation en eau, la prochaine étape, avec l'apparition du décret REUSE, c'est d'aller plus loin, réutiliser de l’eau sortie de station d'épuration. L'entreprise d'Olga est pleinement engagée dans le cadre de sa vision 2035 pour préserver la ressource en eau. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Le changement climatique est là. On pourrait très bien avoir des épisodes de sécheresse où on manque complètement d'eau. Donc là, c'est la rupture d'approvisionnement et c'est l'arrêt d'activité. Ça, c'est quelque chose qu'ils ont bien pris en compte aujourd'hui et qu'ils commencent même à intégrer dans leurs retours sur investissements. »

Olivier Clanchin - Président – Groupe Olga - Vice-Président de l’ABEA Association Bretonne Entreprises Agroalimentaires

« Au niveau régional, les entreprises de l'agroalimentaire sont engagées. On a pu réduire, au niveau du territoire, de 15 % notre consommation d'eau. Ce qui représente 6 millions de m³. Moi, ce que j'attends véritablement de l'agence de l'eau, c'est un soutien autour de tous les projets que l'agroalimentaire peut porter pour pouvoir amplifier ces logiques de recyclage de l'eau au sein de nos industries. »

L’osmose inverse, procédé innovant au cœur du dispositif

Parmi les innovations majeures, l’installation d’un système spécifique d’osmose inverse a transformé le traitement de l’eau sur le site.

système d'osmose inverse chez olga

© aelb / Une image à part

Ce procédé ultra-performant purifie le perméat d’ultrafiltration issu de la transformation du jus de soja, produisant une eau quasiment pure filtrée au dixième de nanomètre. Cette eau est ensuite réutilisée dans différents équipements du site, tels que les chaudières et les tours aéroréfrigérantes. Cela contribue à réduire fortement la consommation d’eau neuve et les rejets de matières vers la station d’épuration.

Cette innovation a demandé un investissement supérieur à 2 millions d’euros. La mise en place de ce procédé s’est déroulée en plusieurs étapes clés, alliant rigueur et dynamisme : identification du besoin et étude technique, élaboration du cahier des charges, lancement de l’appel d’offres, montage du dossier de subvention, réalisation des essais et installation du pilote, conduite des travaux, puis démarrage et optimisation fine des réglages.

L’osmose inverse est une technologie essentielle dans l’industrie pour purifier efficacement l’eau en éliminant jusqu’à 99% des impuretés, ce qui permet d’obtenir une eau quasi pure. Grâce à ce procédé, les entreprises peuvent réduire leur consommation d’eau en recyclant et en réutilisant l’eau traitée, limitant ainsi les prélèvements d’eau neuve et les rejets polluants. Cette gestion durable de la ressource contribue non seulement à des économies significatives, mais aussi à la protection de l’environnement et à la conformité réglementaire.

Des tours adiabatiques aux outils de régulation : les solutions d'efficience hydrique adoptées

Par ailleurs, d’autres mesures ont également contribué à des économies d’eau significatives :

  • Le remplacement des anciennes tours aéroréfrigérantes ouvertes, très consommatrices en eau, par des refroidisseurs adiabatiques qui n’utilisent de l’eau que lors des pics de chaleur
  • La régulation précise de l’arrosage des garnitures sur les pompes NEP grâce à l’équipement « Flowtrue »
  • L’optimisation de la maintenance préventive sur les équipements fonctionnant à l’eau, notamment les purgeurs.

Une synergie partenariale essentielle

Le succès de ces actions s’appuie sur une collaboration étroite avec plusieurs partenaires clés :

  • L’agence de l’eau Loire-Bretagne
  • La Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement)
  • Le syndicat des Eaux des Portes de Bretagne : alimenté à 81 % par le fleuve Vilaine, 19 % par forages
  • Les fournisseurs techniques

Jean-Pierre Rouault, chargé d’intervention spécialisé à la délégation Armorique de l’agence de l’eau :

photo portrait de Jean-Pierre Rouault, délégation Armorique de l'agence de l'eau

Jean-Pierre Rouault

© aelb / Une image à part

« Depuis de nombreuses années, l’entreprise Olga s’engage activement dans la réduction de ses consommations d’énergie et d’eau, en appliquant pour l’eau la démarche des 3R, réduire, réemployer, recycler. L’entreprise a aussi amélioré les performances de sa station d’épuration et mis en place une canalisation de rejet vers la Vilaine pour préserver le cours d’eau de la Brunelière. Le soutien financier de l'agence de l'eau a été essentiel pour la mise en place des projets osmose inverse et système de refroidissement adiabatique. Il reste encore des projets d’amélioration à mener sur les autres sites d’Olga, notamment le site de la Rivière. C’est une entreprise pleinement engagée, avec une direction fortement impliquée sur les enjeux environnementaux. »

Les perspectives pour aller plus loin

Les efforts se poursuivent avec de nouveaux projets ambitieux :

En 2025, une étude est prévue pour analyser la variation de la pollution dans les solutions NEP (nettoyage en place) afin de déterminer les recettes de lavage optimale et réduire la consommation d’eau.

Au niveau du groupe Olga, le recyclage des eaux usées sera également une étape à étudier. Le décret Reuse ouvre des perspectives pour le recyclage des eaux, ce qui permettra des économies majeures de la ressource en eau. Des études sont en cours.

Les futurs investissements intègreront systématiquement des critères stricts d’économies d’eau, à l’image de la sobriété énergétique, pour inscrire durablement la gestion de la ressource au cœur de la stratégie industrielle.

Thierry Collineau, responsable pôle industrie à Olga Sojasun – site de Châteaubourg

photo portrait de Thierry Collineau, responsable pôle industrie à Olga

Thierry Collineau

© Agence de l'eau / Une image à part

« En 2022, nous avons connu une période de sécheresse exceptionnelle par sa durée et son intensité. Du fait du dérèglement climatique, ces périodes sont amenées à se reproduire dans les années à venir. C'est pourquoi Olga souhaite continuer à diminuer son impact sur les ressources naturelles planétaires en déployant des solutions innovantes et vertueuses en cohérence avec sa raison d'être car "Chaque goutte d’eau compte" ».

Le site de production Sojasun Châteaubourg a démarré son activité en 2000. Les différentes activités de ce site de production sont :

  • L’extraction : Transformation primaire de la graine de soja en préparation (la base soja).
  • L’Ultra-Frais : Fabrication et conditionnement de produits ultra-frais au soja.
  • L’UHT : Conditionnement de produits stérilisés par procédé Uht – Ultra Haute Température – à marque propre et à marques distributeurs : boissons et desserts.
  • Le conditionnement en gourdes : Mélange, traitement thermique et conditionnement par l’atelier Nutrisu.

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