Améliorer l'état des milieux littoraux et marins

Zones humides, activités conchylicoles, eaux de baignade : le littoral et les milieux marins concentrent des enjeux spécifiques, à la croisée de la biodiversité, de l'assainissement et des activités économiques du territoire. Ces retours d'expériences montrent comment les collectivités du bassin Loire-Bretagne agissent pour restaurer les milieux littoraux, réduire les pollutions à la source et préserver la qualité des eaux marines, avec l'accompagnement technique et financier de l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Vidéos de retours d'expériences

Restauration écologique du marais rétro-littoral de Ster-Vraz à Belle-Île-en-Mer (Morbihan)

Comment une île sans nappe phréatique restaure une zone humide essentielle à la préservation de sa seule ressource en eau : le ruissellement. Sur Belle-Île-en-Mer, territoire rural de 85 km² dépourvu de nappe phréatique et alimenté uniquement par l'eau de pluie captée dans 3 barrages, la Communauté de communes a engagé en 2020, avec le Conservatoire du littoral, 5 ans de travaux pour restaurer le marais rétro-littoral de Ster-Vraz, progressivement envahi par les saules depuis l'abandon de l'élevage. Arrachage des saules, recréation de zones en eau et entretien des roselières ont mobilisé 3 000 heures de travail pour les gardes du littoral de la collectivité, permettant d'augmenter de 15 000 m² les habitats de roselière. Coût total de la restauration : 100 000 €, financés à 70 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne, pour ce qui est devenu la plus grande zone humide de l'île.

Restauration écologique du marais rétro-littoral de Ster-Vraz à Belle-Île-en-Mer (Morbihan)

Vidéo - Restauration écologique du marais rétro-littoral de Ster-Vraz à Belle-Île-en-Mer (Morbihan)

Dans le Morbihan, la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer restaure le marais rétro-littoral de Ster Vraz, site emblématique de l’île. Située sur la commune de Sauzon, cette vaste zone humide s’inscrit au cœur des enjeux écologiques où se mêlent étroitement les besoins socio-économiques de l’île. Cette action de restauration s’inscrit donc plus globalement dans une démarche intégrée.

septembre 2025

© Agence de l'eau Loire-Bretagne / Une image à part

Restauration écologique du marais rétro-littoral de Ster-Vraz - Communauté de communes de Belle-Île-en-Mer

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes - Belle-Île-en-Mer

« Donc là, on est vraiment dans le paysage qu'on a restauré. On voit vraiment cette enfilade avec ce plateau entrecoupé par des vallons. Et puis la zone humide du coup se déroule ici. »

Voix Off

Au large de Quiberon, Belle-Île-en-Mer. 4 communes, 5 500 habitants toute l'année et des milliers de touristes aux beaux jours. Sur ce territoire encore rural de 85 km², il n'y a pas de nappes phréatiques. Seule l'eau de ruissellement est récupérée. Elle alimente les 3 barrages de l'île, avant d'être potabilisée.

Dominique Rousselot – Vice-président - Espaces naturels et agriculture Communauté de communes - Belle-Île-en-Mer

« Ce n’est que l’eau de pluie que nous récupérons. Donc, les étés secs, on fait très attention, on est très vigilant à la consommation de l'eau. »

Voix Off

Dans ce contexte, la préservation des zones humides est essentielle, notamment le long des cours d'eau d'accumulation du ruissellement et en fond de vallon. Entre terre et mer, dans cette zone historique d'élevage, jusqu'en 2020, les saules ont proliféré au détriment d'eaux libres et de roseaux.

Eloi Portugal - Ancien agriculteur - Logonnet (56)

« Et ici, c'était du foin. Il y avait une repousse qui était très intéressante, donc on amenait les brebis là, bien à l'abri des saules. »

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes - Belle-Île-en-Mer

« Sur l'île, tous les vallons se sont refermés depuis les 50 dernières années. À mesure qu'on a trouvé une déprise agricole de par la mécanisation, les fonds de vallons ont été un peu abandonnés. Les saules et les saulaies ont pris la place, ce qu'on avait là au moment où on a commencé le chantier. »

Voix Off

Après les études scientifiques, les analyses du terrain, le chantier a donc débuté en 2020. 5 ans de travaux pour la restauration paysagère et écologique du marais rétro-littoral de Ster-Vraz,
propriété du Conservatoire du littoral.

Antoine Le Gal - Garde du littoral  - Communauté de communes - Belle-Île-en-Mer

« On a commencé, de suite, à abattre, arracher des saules pour faire de la place en fait. Dans un second temps, le développement de trous en eaux, le faucardage, la coupe des roseaux, pour garder les milieux en eau, éviter qu'ils se referment ou carrément la recréation de zones en eau. »

Voix Off

3 000 heures de travail pour Antoine et son équipe, 15 gardes du littoral, tous employés de la Communauté de communes de Belle-Île.

Hubert Catroux - Chargé de mission - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Depuis la fin des travaux, on voit bien que les objectifs ont été atteints avec une grande roselière et une belle diversité d'habitats favorables à la biodiversité. Là, on est au cœur de la roselière avec la plante caractéristique : le roseau phragmite. On a augmenté de 15 000 m² les habitats roselière. On a beaucoup plus d'oiseaux que précédemment. »

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes – Belle-Île-en-Mer

« Dans la descente et la montée migratoire, on va trouver pas mal d’oiseaux qui viennent mettre un point d'étape ici. »

Hubert Catroux - Chargé de mission - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« En période de tempête, on a de l'eau salée qui rentre. Et à l'inverse, en période normale, on a des accumulations d'eau douce.Tout ça crée des conditions très particulières permettant à certaines espèces rares de pouvoir trouver leurs exigences de vie. »

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes – Belle-Île-en-Mer

« Ce site, il est en connexion avec le territoire qui l'entoure, avec les usagers qui l'entourent. »

Voix Off

Et notamment le parcours de golf, juste au-dessus du vallon. C'est l'eau de la zone humide qui alimente le bassin destiné à son arrosage, au cœur d'une zone Natura 2000.

Sophie Lemarié - Responsable projet bassin - Golf de Belle-Île-en-Mer

« En 2017, accompagné par l'agence de l'eau, on a créé un bassin de rétention d'eau de 3 500 m³ qui nous permet de pomper l'eau du marais, à des périodes où le marais n'est pas fragilisé dans l'hiver.

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes – Belle-Île-en-Mer

« Sur la période de sensibilité écologique, le golf fonctionne avec son bassin, sans venir perturber le fonctionnement du marais. »

Voix Off

100 000 euros, c'est le coût total de la restauration du marais rétro-littoral de Ster-Vraz.

Hubert Catroux - Chargé de mission - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« L’agence a accompagné l'opération à hauteur de 70 % dans le cadre de cet appel à initiatives. »

Dominique Rousselot – Vice-président - Espaces naturels et agriculture Communauté de communes - Belle-Île-en-Mer

« C'est un projet d'aménagement du territoire. Ça permet d'avoir une nature qui reprend ses droits. C'est un site classé, plus que jamais un lieu de visite. »

Hubert Catroux - Chargé de mission - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Ces milieux-là sont intéressants parce qu'ils contribuent directement au bon état écologique des masses d'eau littorales auxquelles ils sont associés. Et puis, on a aussi un rôle de barrière protectrice qui atténue l'effet des submersions marines. »

Voix Off

Aujourd’hui, c’est la plus grande zone humide de Belle-Île. La Communauté de communes, qui entretient le marais restauré, a déjà identifié 4 autres sites pour de nouvelles restaurations.

Julien Froger - Responsable Espaces naturels - Communauté de communes – Belle-Île-en-Mer

« On a 20 espèces par prairie. La moyenne bretonne, c'est 11, 12. Donc on est sur des enjeux écologiques très forts. Il faut continuer l'effort pour la responsabilité écologique que le territoire a,  vis-à-vis du patrimoine écologique national, pour l'importance de préserver ces paysages auxquels les insulaires tiennent énormément, et fondent aussi l'attractivité touristique du territoire. »

Baie de Quiberon : protéger la conchyliculture grâce à un meilleur traitement de l’eau

Comment la réhabilitation d'une station d'épuration a permis de protéger durablement une activité conchylicole mise à mal par des épisodes de contamination. À Carnac, dans le Morbihan, la station d'épuration dont le point de rejet se situe en pleine baie de Quiberon avait provoqué en 2019 des contaminations ayant conduit à la fermeture administrative des zones conchylicoles. Grâce à des études menées avec l'agence de l'eau et la collectivité territoriale, la station a été entièrement réhabilitée avec la mise en place d'une filière temps de pluie, supprimant les rejets directs dans le milieu naturel en cas de fortes précipitations. Coût total des travaux : 6,4 millions d'euros, financés à 50 % par l'agence de l'eau, soit 3,2 millions. Résultat, près de deux ans après la mise en service : plus aucune fermeture administrative liée à la station, pour la plus grande satisfaction des conchyliculteurs de la baie.

Baie de Quiberon : protéger la conchyliculture grâce à un meilleur traitement de l’eau

Vidéo - Baie de Quiberon : protéger la conchyliculture grâce à un meilleur traitement de l’eau

© Les agences de l'eau

Baie de Quiberon : protéger la conchyliculture grâce à un meilleur traitement de l'eau

Philippe Le Gal, conchyliculteur et président du Comité national de la conchyliculture :

"Depuis que la station a été rénovée et refaite, le point de rejet qui est donc en plein milieu de Quiberon, n'est plus soumis à contamination et donc nous, les professionnels, les conchyliculteurs, nous sommes très contents de cette action.

Ici, on se trouve sur le site de Carnac, à la station d'épuration de cette commune, qui a posé un certain nombre de problématiques à la profession conchylicole depuis quelques années, notamment en 2019, lorsque nous avons eu des contaminations dues à des rejets de la station d'épuration où nous nous trouvons."

Quelle solution a été mise en place ?

"Suite à ces contaminations de 2019, bien sûr, nous avons travaillé et recherché les causes. Nous avons réussi à déterminer que c'était cet endroit, grâce à des études que nous avons pu mener, notamment des schémas avec l'agence de l'eau et la collectivité territoriale.

À partir de là, ils ont trouvé des solutions pour pouvoir disposer de ce qu'on appelle une filière temps de pluie, de manière à ce qu'il n'y ait plus de rejet direct dans le milieu. Et depuis ce jour-là, nous n'avons plus de souci."

Quels sont les résultats observés ?

"Depuis que cette filière temps de pluie a été mise en place, cela fait maintenant presque deux ans, on constate qu'il n'y a plus de direct rejet dans le milieu. Depuis, nous n'avons pas eu de fermeture administrative due à cette station, et tant mieux. Pourvu que ça dure. C'est un très bon exemple.

Cette station a donc été entièrement réhabilitée, pour un montant total de 6,4 millions d'euros, dont 50 % apportés par l'agence de l'eau, soit 3,2 millions. C'est un investissement important, mais indispensable pour l'environnement."

Vidéo produite par les agences de l'eau, série « Dans le bain de l'action ».

Exemples en vidéo, partout en France

En immersion, le média des agences de l'eau
La chaîne YouTube officielle des agences de l'eau : reportages et portraits de professionnels engagés partout en France pour préserver l'eau et les milieux aquatiques.

Dans le bain de l'action
Une playlist de 13 vidéos à la rencontre de professionnels engagés dans des projets de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, partout en France.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
La chaîne officielle de l'agence de l'eau Loire-Bretagne : retours d'expérience, actualités et actions pour préserver l'eau et les milieux aquatiques sur le bassin Loire-Bretagne.

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