Restaurer les milieux aquatiques et la biodiversité

Haies bocagères, prairies humides, talus plantés : les aménagements portés par les agriculteurs jouent un rôle clé dans la restauration des milieux aquatiques et de la biodiversité. Ces retours d'expériences montrent comment les acteurs agricoles du territoire Loire-Bretagne conjuguent activité agricole et préservation des milieux naturels, avec l'accompagnement technique et financier de l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Vidéos de retours d'expériences

Plantation de haies bocagères et préservation de la qualité de l'eau

Comment un syndicat de bassin versant remobilise les agriculteurs autour de la plantation de haies bocagères pour restaurer la qualité de l'eau. Sur le bassin de la Seiche, 830 km², 56 communes et plus de 1 000 km de cours d'eau entre Ille-et-Vilaine et Mayenne, territoire agricole où dominent élevage et production laitière, le Syndicat de bassin versant de la Seiche accompagne depuis bientôt 10 ans les agriculteurs volontaires dans des chantiers de reconstruction bocagère, sans coût pour eux, via le programme Breizh Bocage cofinancé par l'Europe, l'agence de l'eau Loire-Bretagne et le syndicat. Talus plantés le long des cours d'eau, haies denses et multi-strates autour des parcelles : ces aménagements limitent le ruissellement et l'érosion, filtrent l'azote et les pesticides, et renforcent la résilience du territoire face au changement climatique. Depuis 2012, près de 200 km de haies ont été replantées, pour un coût total de 883 000 €.

Plantation de haies bocagères et préservation de la qualité de l'eau

Vidéo - Plantation de haies bocagères et préservation de la qualité de l'eau

Lauréat des Trophées de l'eau Loire-Bretagne 2021 : le syndicat du bassin versant de la Seiche (35) pour la plantation de haies bocagères et préservation de la qualité de l'eau

novembre 2021

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Le syndicat du bassin versant de la Seiche (35) pour la plantation de haies bocagères pour préserver la qualité de l’eau

Voix-off : Le bassin versant de la Seiche, en Ile et Vilaine et Mayenne, c’est 830 kilomètres carrés, de l’Ouest de Laval au Sud de Rennes, 56 communes, et plus de 1000 kilomètres de cours d’eau. Un territoire attractif, dynamique, et agricole. Culture, élevage : 1 200 exploitations sont installées, dont 75 % dédiés à la production laitière.

Les actions

Voix-off : A Louvigné-de-Bais, Olivier Renault est producteur de volailles. Poulets, pintades, dindes sont élevés en plein air, 150 jours, avant d’être vendues à la ferme, ou sur les marchés. Depuis 2 ans, avec Étienne, le spécialiste bocage du syndicat du bassin versant de la Seiche, il s’est lancé dans plusieurs chantiers verts : un talus parallèle à la rivière qui traverse sa ferme, et la plantation de haies bocagères autour de ses parcelles.

Olivier RENAULT – Agriculteur - Louvigné-de-Bais (35) : «Donc on a refait un chemin le long du ruisseau, le talus pour évier le ruissellement de l’eau. L'idée, c'est de maintenir la terre sur place pour éviter qu'elle s'en aille dans le ruisseau. C'est un intérêt écologique, environnemental.

Étienne GOUËSET - Technicien bocage - Syndicat de bassin versant de la Seiche : Sur un versant qui a des pentes, s'il n'y a pas de talus ça dévale. Ce qui crée après en aval des inondations. Ce talus, il est planté puisque les arbres pompent aussi les excédents d'azote, consomme les sels minéraux, ce qui permet aussi de nettoyer l'eau au passage.

Voix-off : Olivier est même allé plus loin dans sa démarche environnementale : il a planté 600 arbustes dans ses prés, et des dizaines d’arbres, au milieu de ses champs de céréales, sur 13 hectares.

Olivier RENAULT – Agriculteur - Louvigné-de-Bais (35) : L'arbre dans mon système, c’est un moyen pour tempérer les amplitudes thermiques. Ça sert à couper le vent. Ça a créé de l'ombre. Ça amène de la biodiversité.

Voix-off : Conseil, mise en place, travaux, financements : la mission d’Étienne, et de Sandrine, coordinatrice des projets, c’est donc de faire des aménagements bocagers chez les agriculteurs du bassin versant...un programme volontaire auquel ont adhéré Jérôme Laveissière, et son associé. Ils sont producteurs de lait bio, 100 vaches, 92 hectares de terre, et 3 kilomètres de haies plantées depuis un an.

Jérôme LAVEISSIÈRE – Agriculteur - Domalain (53) : Pour les animaux, déjà, pour essayer de leur faire au niveau du parcellaire, de l'ombre, reboiser pour la nature, ça limite l'érosion en même temps, quand il y a de fortes pluies.

Étienne GOUËSET - Technicien bocage - Syndicat de bassin versant de la Seiche : Donc, on a fait des haies plutôt denses, avec plusieurs strates, donc des hauts-jets et du bourrage en taillis, qui fait des haies continues et qui protège bien les animaux et les cultures.

L’objectif

Voix-off : L’accompagnement technique, les travaux de terrassement, les végétaux, ne coûtent rien aux agriculteurs. C’est le programme Breizh bocage. Il est co-financé : par les fonds européens à 60 %, l’agence de l’eau Loire-Bretagne et le syndicat du bassin versant de la Seiche à hauteur de 20 % chacun. Depuis bientôt 10 ans, ici, au Sud Est de Rennes, la reconstruction bocagère est donc devenue une priorité pour restaurer la qualité de l’eau sur ce secteur.

Michel DEMOLDER - Président - Syndicat de bassin versant de la Seiche : On a l'ensemble des masses d'eau qui sont dégradées et en même temps, un cours d'eau re-méandré dans son lit naturel va filtrer dix fois plus l'azote, par exemple. Donc, l'important, c'est de retravailler sur la restauration des milieux aquatiques -cours d'eau, zones humides- et en même temps, retravailler avec les agriculteurs pour tout ce qui va être la réduction des pollutions, notamment l'azote, les pesticides, le phosphore.

Jérôme MARTIN - Chef de service – Espaces ruraux - Agence de l’eau Loire-Bretagne : Un paysage où il y a moins de haies, il retient moins l'eau. Donc, on a des paysages et des territoires qui sont plus sensibles aux changements climatiques et à la sécheresse. Donc la haie a aussi ce rôle-là : retenir l'eau et de ralentir l'eau à l'échelle des territoires.

Bilan & Perspectives

Voix-off : Depuis 2012, sur ce territoire, près de 200 kilomètres de haies ont été replantées. Coût total de l’opération : 883 000 euros.

Sandrine GARNIER – Animatrice – Coordinatrice - Syndicat de bassin versant de la Seiche : C'est un bilan très positif. Aujourd'hui, on a tellement de demandes qu’on a de quoi faire encore pour une année d'avance de programmation. Des agriculteurs qui nous font confiance, ont envie de continuer avec nous pour planter. Donc ça, c'est quand même très encourageant.

Michel DEMOLDER - Président - Syndicat de bassin versant de la Seiche : Rien ne se construit si on travaille en collaboration avec le monde agricole. Et ce qui freine souvent, c'est le temps passé à entretenir le bocage. Donc, il faut qu'il y ait une réflexion sur la valorisation en biomasse du bocage ou du bois d'œuvre. Il faut peut-être recréer aussi des filières de bois d'œuvre qui ont un peu disparu en Bretagne.

Sandrine GARNIER – Animatrice – Coordinatrice - Syndicat de bassin versant de la Seiche : Mais pourquoi pas imaginer qu'à un moment, la haie puisse être rémunérée parce qu'elle rend des services d'intérêt général pour la société?

Olivier RENAULT – Agriculteur - Louvigné-de-Bais (35) : De plus en plus de gens viennent me voir. Ce système-là, c'est l'avenir. Il faut planter, planter, planter pour les animaux, pour les végétaux, pour l'eau, pour tout le monde.

Pour une bonne gestion agricole des zones humides en Bretagne - Chambre d’agriculture de Bretagne (35)

Comment un inventaire mené sur vingt fermes bretonnes démontre la compatibilité entre activité agricole et préservation des zones humides. En Bretagne, où 60 % des zones humides inventoriées sont exploitées ou entretenues par des agriculteurs, la Chambre régionale d'agriculture a mené pendant quatre ans un travail de terrain, en partenariat avec le Conservatoire botanique national de Brest, pour mieux connaître les pratiques locales de gestion de ces milieux, majoritairement conduits en fauche et pâturage mixte. Grâce à la pose de piézomètres, l'étude a mis en évidence un pouvoir dénitrificateur important de ces prairies humides, riches en espèces caractéristiques comme l'orchis tachetée ou le jonc acutiflore, tout en confirmant leur intérêt économique pour les éleveurs : peu d'intrants nécessaires, réserve d'eau naturelle en période de sécheresse et régulation des fortes pluviométries en hiver. L'objectif : diffuser ces savoir-faire auprès des agriculteurs pour concilier durablement rentabilité des exploitations et préservation de la biodiversité.

Pour une bonne gestion agricole des zones humides en Bretagne – Chambre d’agriculture de Bretagne (35)

Vidéo - Pour une bonne gestion agricole des zones humides en Bretagne – Chambre d’agriculture de Bretagne (35)

Les chambres d’agriculture de Bretagne ont mis en place un réseau de fermes de référence. Objectif : produire des références techniques régionales pour faire cohabiter activités agricoles et protection des zones humides dans une relation « gagnant/gagnant ». Lauréat des trophées de l'eau Loire-Bretagne 2017

juin 2017

© C tout vu - Agence de l'eau Loire-Bretagne

 

Voix off : « Comment faire cohabiter exploitations agricoles, activités économiques et protection des zones humides ? Entre tourbières, marais et prairies, la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne a réalisé un inventaire des pratiques et des types de zones humides dans vingt fermes bretonnes. Objectifs : mieux connaitre les savoir-faire locaux et promouvoir les échanges entre agriculteurs. »

 

Gwénaël CORBEL, représentant du groupe régional environnement des chambres d’agriculture de Bretagne : « Il y a un enjeu majeur, c’est qu’aujourd’hui 60 % des zones humides inventoriées sont exploitées ou entretenues par les agriculteurs. C’est une zone où il y a une flore particulière où il y a la présence d’eau une certaine partie de l’année, où il y a de l’oxydation dans le sol. Il y a beaucoup de richesses faunistiques, floristiques. On veut montrer l’intérêt d’avoir de l’agriculture dans ces zones humides. C’est aussi d’aller amener des idées, des idées neuves, des petites solutions à des agriculteurs pour qu’ils continuent de concilier leur exploitation avec la préservation de ces zones. Depuis quatre ans, les techniciens de la Chambre d’agriculture sont venus travailler sur les exploitations pour savoir comment ils gèrent ce genre de milieux. »

 

Benoit POSSEME, ingénieur chargé d’études à la Chambre d’agriculture de Bretagne : « Le choix des agriculteurs c’était déjà d’avoir des agriculteurs motivés pour communiquer autour de leurs zones humides. La première observation c’est que la quasi majorité de ces parcelles était conduite en conduite mixte fauche et pâturage, la majorité de ces parcelles était en prairie. Ce qui était fauché était collecté. Dans l’ensemble, nous étions sur des valeurs alimentaires qui correspondaient à des animaux de besoins moyens à modérés. La finalité c’est bien de diffuser auprès des agriculteurs des conduites qui leur permettent d’avoir le meilleur équilibre entre l’économique, d’un côté, et puis aussi la valeur environnementale des prairies humides qu’on peut avoir. »

 

François JAFFRENNOU, agriculteur dans le Morbihan : « Sur une zone humide comme ici, moi je fais de l’élevage ; j’ai des animaux qui pâturent régulièrement, puis je fais mes stocks de foin essentiellement. Pour moi, c’est des zones qui sont très intéressantes et il faut les conserver, surtout que c’est des endroits où l’on n’a pas besoin d’apporter ni engrais ni quoi que ce soit. Ça pousse tout seul, il y a toujours de l’herbe. En cas de sécheresse, ici, j’ai de l’eau qui coule quasiment toute l’année. Elle a son effet de rétention d’eau en hiver, quand il y a des grosses pluviométries, donc les conserver, je pense que c’est bien.

 

Gaétan MASSON, chargé d’étude au Conservatoire botanique national de Brest : « Dans ce type de prairies, on peut trouver différentes espèces qui sont adaptées à des milieux plutôt pauvres en matières organiques, par exemple ici la scorsonère humble, l’orchis tachetée, le jonc acutiflore, le carvi verticillé est également une espèce caractéristique de ce genre de milieux, c’est-à-dire des prairies humides sur sol acide et oligotrophe, donc c’est-à-dire peu enrichi en matière organique. Ce partenariat c’était vraiment l’occasion de mettre en lien à la fois les enjeux floristiques, les espèces et les milieux qui s’y développent, et les enjeux en termes de gestion. »

 

Marie-Hélène PHILIPPE, chargée de mission biodiversité et milieux aquatiques à la Chambre d’agriculture de Bretagne : « Il fallait chercher une solution pour que ces zones puissent rester dans le patrimoine de l’exploitation, être valorisées si possible avec une rentabilité économique, et éventuellement montrer qu’elles avaient un rôle important sur l’environnement, qualité de l’eau mais également biodiversité. On a mis en place des piézomètres dans différentes typologies de zones humides et on s’est rendu compte que de l’amont à l’aval de la zone humide, il y avait un pouvoir dénitrificateur important. Et je crois aussi que les agriculteurs ont été super contents de rencontrer sur leur terrain des botanistes, des gens spécialistes des invertébrés, mais également des économistes. Je pense que c’est aussi leur montrer demain que leur territoire a une valeur importante et que c’est eux les garants de cette valeur. »

Exemples en vidéo, partout en France

En immersion, le média des agences de l'eau
La chaîne YouTube officielle des agences de l'eau : reportages et portraits de professionnels engagés partout en France pour préserver l'eau et les milieux aquatiques.

Dans le bain de l'action
Une playlist de 13 vidéos à la rencontre de professionnels engagés dans des projets de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, partout en France.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
La chaîne officielle de l'agence de l'eau Loire-Bretagne : retours d'expérience, actualités et actions pour préserver l'eau et les milieux aquatiques sur le bassin Loire-Bretagne.

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