Restaurer les milieux aquatiques et la biodiversité

Les acteurs associatifs sont en première ligne pour connaître, restaurer et gérer les milieux aquatiques du bassin Loire-Bretagne. Ces retours d'expériences montrent comment leur expertise de terrain, permet de préserver les milieux aquatiques et la biodiversité, avec l'accompagnement technique et financier de l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Vidéos de retours d'expériences

Pélobateland : Zones humides, biodiversité et gestion durable, un partenariat gagnant-gagnant

Comment une association de protection de la nature restaure des mares historiques pour sauver l'un des amphibiens les plus menacés de France, tout en préservant une activité agricole viable. En Sologne, à 20 kilomètres au sud d'Orléans, le Conservatoire d'Espaces Naturels Centre-Val de Loire a acquis en 2018 une zone humide de 80 hectares abritant l'une des populations les plus denses de France de Pélobate brun, amphibien rare et discret. Sur 2 ans, le CEN a restauré 23 mares historiques en voie d'assèchement pour recréer des habitats de reproduction diversifiés, en partenariat avec un agriculteur bio du site qui gère ses cultures et son troupeau de moutons de façon à préserver la biodiversité : couverts végétaux pâturés plutôt que broyés, légumineuses fixatrices d'azote, cultures peu gourmandes en eau. Ce chantier de renaturation, cofinancé par le Conservatoire et l'agence de l'eau Loire-Bretagne à hauteur de 70 % pour les acquisitions foncières et 50 % pour les autres actions, a d'ores et déjà porté ses fruits : la reproduction du Pélobate brun se confirme, avec des populations en augmentation sur le site.

Pélobateland : Zones humides, biodiversité et gestion durable, un partenariat gagnant-gagnant

Vidéo - Pélobateland : Zones humides, biodiversité et gestion durable, un partenariat gagnant-gagnant

Un partenariat gagnant-gagnant - Lailly-en-Val (Loiret)

mars 2024

© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

PélobateLand - Zones humides, biodiversité et gestion durable

Un partenariat gagnant-gagnant à Lailly-en-Val (Loiret)

Voix Off :
Ce drôle de coassement, c’est le chant du Pélobate Brun, un amphibien, l’un des plus menacés en France, très difficile à observer, même pour un expert.

Kévin Billard - Chargé d’études - Loiret Nature Environnement :
« C’est un amphibien qui est très discret, il ne s’entend seulement qu’à quelques mètres.
Il chante sous l'eau, en surface, on ne l'entend pas. On les écoute pour savoir où ils se reproduisent. Ici, on peut estimer la population, à peu près, à une centaine d'individus adultes. Ce qui fait quasiment la population la plus dense de France pour cette espèce. »

Voix Off :
Au printemps, l’une des missions de Kévin, c’est donc de réaliser des inventaires naturalistes, observer, enregistrer, et recenser les amphibiens de cette zone humide.

David Brunet - Chargé d’interventions spécialisé, Grand cycle de l’eau et milieux aquatiques - Agence de l’eau Loire-Bretagne :
« Salut Kevin, comment ça se passe ? »

Kévin Billard :
« Très bien, il y a un pélobate qui chante en ce moment. Tu veux l’écouter ? »

David Brunet :
« Super, incroyable ! Quelle chance de pouvoir écouter le pélobate en période de reproduction.
On est dans un site exceptionnel, des mares historiques, qui abritent des espèces d'amphibiens extrêmement rares. »

Kévin Billard :
« Si le pélobate se reproduit dans une mare, s'il chante dans une mare, ça veut dire que la mare est fonctionnelle. »

David Brunet :
« Voir que la population pélobate semble se maintenir, voire augmenter, démontre globalement que les travaux qui sont faits sont plutôt efficaces. »

Voix Off :
Ici, en Sologne, à 20 kilomètres au sud d’Orléans, le Conservatoire d’Espaces Naturels du Centre-Val de Loire a acheté cette zone humide de 80 hectares, en 2018.
Avec un objectif : restaurer et gérer 23 mares historiques, pour augmenter les habitats, et suivre l’évolution des populations d’amphibiens.

Stéphane Hippolyte - Écologue, expert agro-environnement - Conservatoire d'Espaces Naturels Centre-Val de Loire :
« On avait des mares qui étaient en train de se fermer et de s'assécher et donc qui ne remplissaient plus leur rôle de zone de reproduction pour l’amphibien. L'objectif était donc de recréer un maximum de mares de différentes tailles, de différentes profondeurs, des niches écologiques pour augmenter les zones de reproduction des amphibiens. »

David Brunet :
« L'objectif, c'est de montrer que sur une biodiversité remarquable, on arrive à concilier la préservation, la renaturation des mares, la préservation de la biodiversité, tout en maintenant également des usages économiques. Et donc là, le CEN s'est associé avec un agriculteur bio.»

Voix Off :
Dans le périmètre de cette zone humide, à proximité de la Loire, Jean-Pierre Piganiol, est éleveur de moutons, et producteur de cultures bio sur 110 hectares.
Il assure une gestion durable du site, économiquement viable et respectueuse de la biodiversité

Jean-Pierre Piganiol - Agriculteur Bio :
« Pour éviter que les nitrates partent dans le sol, on met des plantes qui vont absorber ces nitrates et au lieu de venir broyer et détruire les plantes de manière mécanique, on utilise les moutons. Donc ils mangent directement les plantes et en même temps ils laissent un amendement qui va être super pour la culture suivante.

Ce sont des pois. C'est une plante qui prend l'azote de l'air et qui les restitue au sol. Donc pas besoin d'engrais. On a du colza, des lentilles, on a du chanvre, on a du blé, des cultures qui sont moins gourmandes en eau pour mieux s'adapter au changement climatique. »

Stéphane Hippolyte :
« Le partenariat, il est gagnant-gagnant. On a une personne qui comprend les enjeux. On peut avoir une productivité agricole en bio, viable et pérenne, tout en associant une maximalisation de la biodiversité remarquable sur un site. »

Voix Off :
Ce chantier de renaturation des mares, de préservation des espèces a duré 2 ans, co-financé notamment par le Conservatoire d’Espaces Naturels, et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

David Brunet :
« Sur ce projet-là, l'Agence de l'eau a financé à 70 % les acquisitions et on finance toutes les autres actions à 50 %. »

Le bilan

Kévin Billard :
« Le constat qu'on fait, c'est que les amphibiens se reproduisent toujours dans la mare. Il y a de plus en plus d'espèces, de plus en plus d'individus et la présence de têtards et la présence de larves, c'est une preuve de reproduction et c'est la preuve ultime que la restauration a fonctionné. »

David Brunet :
« On arrive à s'inscrire dans quelque chose de durable sans mettre le site sous cloche. Donc ça, c'est extrêmement intéressant. Et donc il faut espérer qu'avec le réchauffement climatique, tous les aménagements qui seront faits rendront le site encore plus résilient dans les années à venir pour préserver cette biodiversité remarquable.»

Jean-Pierre Piganiol :
« Il y a plein de moucherons qui nous tournent autour. On est en bio, il y a des animaux, il y a des moucherons, voilà. »

Les perspectives

Stéphane Hippolyte :
« On a un terrain de jeu d'environ 150 hectares autour du site, avec des mares qui sont connectables avec nos travaux, connectables aussi à pattes d'amphibiens. Sur une quinzaine de mares, on va demander aux propriétaires une convention de gestion pour pouvoir ensuite mettre en œuvre les actions mises en place ici. »

David Brunet :
« Ces zones humides ont un enjeu extrêmement important dans le grand cycle de l'eau, un rôle de régulateur. Ça veut dire qu'elles vont stocker l'eau lorsqu'elle est abondante, la restituer sur des périodes où il y a moins d'eau. Elles ont un rôle d'éponge, diminuent la vulnérabilité aux inondations. Donc ça, c'est extrêmement important de multiplier, sur une entrée quantité d'eau, qualité d'eau et bien sûr biodiversité pour pouvoir mieux s'adapter au réchauffement climatique. »

Voix Off :
En France depuis 70 ans, près de 70 % des zones humides ont disparu.

Stéphane Hippolyte :
« Dit donc, David, c’était une très bonne idée de faire ce petit film sur les zones humides à Pélobate. »

David Brunet :
« Tu sais, Stéphane, les zones humides, c'est un enjeu essentiel pour la qualité de l'eau, donc c'est extrêmement important. Il faut mouiller la chemise sur ces sujets-là.»

Stéphane Hippolyte :
« Et d'ailleurs, est-ce que tu ne penses pas qu'on a mouillé la chemise un petit peu trop sur ce coup-là ? »

David Brunet :
« Effectivement. »

LigérO : la boîte à outils d'indicateurs de suivi et d'évaluation des milieux humides

Comment un réseau d'experts associatifs a développé une boîte à outils commune pour évaluer et mieux restaurer les zones humides du bassin Loire-Bretagne. Face à la disparition de 70 % des zones humides françaises au 20ᵉ siècle, le Forum des Marais Atlantiques et le Conservatoire d'Espaces Naturels Centre-Val de Loire ont conçu et testé, dès 2014 à la demande de l'agence de l'eau Loire-Bretagne, Ligér'O : une boîte à outils de 7 indicateurs de suivi standardisés, du relevé piézométrique au comptage des libellules et amphibiens, en passant par l'indicateur trophique testé sur les 20 000 hectares du marais de Brière. Déployés sur des sites tests, du Sud de Tours au lac tourbière de Bourdouze dans le Puy-de-Dôme, ces protocoles sont désormais transmis lors de formations à d'autres syndicats de bassin versant, parcs naturels et associations, pour évaluer l'efficacité des travaux de restauration sur les quelque 700 000 hectares de zones humides que compte le bassin Loire-Bretagne.

LigérO : la boîte à outils d'indicateurs de suivi et d'évaluation des milieux humides

Vidéo - LigérO : la boîte à outils d'indicateurs de suivi et d'évaluation des milieux humides

Le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire et le Forum des Marais Atlantiques ont élaboré une boîte à outils permettant aux gestionnaires de milieux humides du bassin Loire-Bretagne de mieux connaître leur état et de suivre l’impact des travaux sur ces milieux particuliers. Pour préserver ces milieux menacés, c’est un outil indispensable pour améliorer la connaissance de leur fonctionnement, pour décider des travaux de restauration à réaliser et en évaluer l’efficacité.

septembre 2021

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Voix-off :
Prairies, marais, tourbières, les zones humides et leur biodiversité exceptionnelle sont des éponges, de véritables filtres, essentiels pour réguler la quantité et la qualité de l’eau. Et pourtant, en France, près de 70 % de ces zones ont été détruites au 20e siècle, et la moitié en seulement 30 ans, entre 1960 et 1990. Alors, pour mieux les préserver, les restaurer, des techniciens, des ingénieurs, des chercheurs ont inventé une boîte à outils pour scruter, décrypter l’évolution de ces zones humides si précieuses.

Partie « Les constats »

Voix-off :
Cette boite, ce sont 7 outils de mesure pour établir un diagnostic.
Exemple : en Loire Atlantique, au cœur du marais de Brière. Le travail de Mathilde, c’est de suivre au quotidien, la qualité des eaux du bassin versant, et notamment des 20 000 hectares de marais. À moins de 10 kilomètres de l’océan, l’indicateur trophique va permettre de faire une batterie d’analyses.

Mathilde GOALABRÉ, Animatrice, Syndicat du bassin versant du Brivet
« On va relever la conductivité, la salinité, la température de l’air et de l’eau, et on va regarder si on a une forte oxygénation, ou non. »

Olivier PHILIPPINE, Ingénieur d’études, Union des Marais de la Charente-Maritime
« On décrit vraiment les premiers maillons de la chaîne alimentaire. On va travailler sur de toutes petites algues, et les consommateurs de ces algues. Notre indicateur trophique est un outil qui permet de comprendre comment améliorer éventuellement la situation de notre masse d’eau.»

François-Xavier ROBIN, Responsable Eau-Environnement, Union des Marais de la Charente-Maritime
«C’est un des nombreux paramètres qui permet de caractériser le fonctionnement de ces zones humides, et donc mieux les connaître, mieux les protéger, mieux les gérer.»

Mathilde GOALABRÉ, Animatrice, Syndicat du bassin versant du Brivet
« Par exemple, le niveau des eaux, et les envois qu’on fait depuis l’estuaire : c’est vraiment de pouvoir mesurer l’impact de ces envois d’eau salée sur un milieu doux. Ce sont des éléments très importants pour nos élus, pour prendre des décisions adéquates.»

Voix-off :
L’indicateur trophique, est l’un des 7 outils de mesure de Ligér’O, cette boîte à outils, imaginée en 2008. Elle a été déployée, puis testée par les experts du Forum des Marais Atlantiques, et du Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire en 2014, à la demande et avec le soutien financier de l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

Audrey DURIEZ, Chargée de mission « indicateurs de suivis zones humides », Forum des Marais Atlantiques
« Il y avait une réelle demande des opérateurs de terrain, et de l’Agence de l’eau, pour avoir à disposition cet outil d’évaluation des zones humides. Et dans ce contexte de changement climatique, il est important de disposer d’outils qui rendent compte de cet état.»

Laurent VIENNE, Chargé de mission, Agence de l’eau Loire-Bretagne
« L’agence de l’eau, sur son bassin Loire-Bretagne, a environ 700 000 hectares de zones humides. La préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques est une des priorités affichée dans ce programme d’intervention.»

Partie « La boîte à outils Ligér’O : mode d’emploi »

Voix-off :
Avec Ligér’O, les scientifiques, les techniciens disposent d’outils adaptables, à tous les terrains.
Au Sud de Tours, cette zone humide de 21 hectares, le long de l’Indre, a fait l'objet de travaux de restauration. Depuis la fin du chantier en 2020, des outils de la boîte sont utilisés pour tester l’efficacité des travaux.

Brigitte RUAUX, Chargée de mission zones humides, Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire
« Là, le tube en PVC descend dans le sol. Il nous permet de suivre le niveau de la nappe. Le but de ce suivi piézométrique, c’est de voir si la zone humide reste fonctionnelle, ou pas. Pour les fleurs, on a mis en place des carrés, des quadras. Sur ces carrés, on relève l’ensemble de la végétation avec le recouvrement. Le protocole libellule, on marche sur vingt-cinq mètres, mais très lentement, en relevant l’ensemble des espèces de libellules et d’odonates qu’on observe. Donc là, on commence à voir un éclaircissement, ça devient gris. La terre est partie, ça veut dire qu’on est dans une zone humide en tout cas, ça c’est sûr… »

Voix-off :
Pour suivre l’état de la flore, la présence de libellules et de crapauds, la profondeur des traces d’eau dans le sol : les protocoles sont donc bordés, normalisés.

Partie « La boîte à outils Ligér’O : la formation »

Voix-off :
L’objectif, c’est évidemment le déploiement des outils, le partage de données et d’informations sur tout le bassin Loire-Bretagne. Dans le Puy-de-Dôme, ce jour-là, la formation commence par la théorie, la découverte des protocoles standardisés et des fiches d'aide à l'analyse. Autour de la table : 10 représentants de syndicats d’eau, de parcs naturels et d’associations. Pour tester les outils grandeur nature, direction le lac tourbière de Bourdouze, à deux pas du Puy de Sancy : une zone humide de 25 hectares, 1150 mètres d’altitude et des fonds de 4 mètres.

Aurélien MATHEVON, Technicien Rivières, Syndicat mixte des vallées de la Veyre et de l'Auzon
« J’avais besoin de connaître le protocole mis en place sur le terrain, pour définir les cahiers des charges et pour missionner des bureaux d’études.»

Brigitte RUAUX, Chargée de mission Zones humides, Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire
« Donc, ils viennent à ces journées pour voir, combien ça coûte, et comment il faut faire. L’accompagnement à la carte : les gens qui en ont vraiment besoin, on va sur leur terrain, la zone humide qui leur pose problème, pour dire : tel protocole est plus intéressant dans le cadre de votre question.»

Voix-off :
C’est le conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne qui gère ce site test du programme Ligér’O, depuis 2016. Relevés de végétation, suivi de la nappe d’eau, comptage des amphibiens, des libellules : tous les indicateurs ont été  testés pour évaluer la restauration de cette zone humide.

Lucie LE CORGUILLÉ, Chargée de projets Département du Puy-de-Dôme, Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne
« Les indicateurs ne sont pas forcément un objectif de préservation, par contre ça nous donne des outils pour évaluer la gestion et la restauration qu’on mène sur des sites. Ça fait partie de nos outils de travail et notre travail, c’est de préserver les zones humides, donc c’est important. »

Partie « Perspectives »

Voix-off :
Les résultats et l’analyse des données ont donc un intérêt majeur : fournir des éléments aux gestionnaires de territoire, pour fixer des orientations, définir des stratégies.

Serge GRESSETTE, Responsable scientifique et technique, Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire
« La première ambition, c’est de déployer Ligér’O au maximum, sur le territoire de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. C’est aussi de travailler avec d’autres bassins pour que ces protocoles soient diffusés largement à travers la France, qu’ils soient utilisés et permettent de rapporter l’état de nos zones humides au niveau national, mais aussi remonter ces éléments au niveau européen et mondial.»

Exemples en vidéo, partout en France

En immersion, le média des agences de l'eau
La chaîne YouTube officielle des agences de l'eau : reportages et portraits de professionnels engagés partout en France pour préserver l'eau et les milieux aquatiques.

Dans le bain de l'action
Une playlist de 13 vidéos à la rencontre de professionnels engagés dans des projets de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, partout en France.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
La chaîne officielle de l'agence de l'eau Loire-Bretagne : retours d'expérience, actualités et actions pour préserver l'eau et les milieux aquatiques sur le bassin Loire-Bretagne.

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