Traiter et réduire les pollutions d'origine industrielle

Effluents chargés en métaux, huiles ou produits chimiques : les activités industrielles génèrent des pollutions spécifiques qu'il faut traiter avant tout rejet dans le milieu naturel. Ces retours d'expériences montrent comment des entreprises du bassin Loire-Bretagne investissent dans des solutions de réduction à la source et de traitement de leurs effluents, en partenariat avec l'agence de l'eau Loire-Bretagne, pour protéger durablement la qualité des cours d'eau.

Vidéos de retours d'expériences

Générale de découpage : allier économie d'eau, développement économique, et milieu naturel protégé

Comment un industriel du travail de l'acier maîtrise et recycle ses effluents pour écarter tout risque de pollution d'une rivière voisine. Dans le bassin industriel de Thiers, berceau de la coutellerie française, la Société Générale de Découpage utilise chaque jour jusqu'à 1 200 m³ d'eau, nécessairement chargée en métaux et huiles de coupe. Face à cet enjeu, l'entreprise, l'agence de l'eau Loire-Bretagne et la chambre de commerce et d'industrie ont conduit un diagnostic conjoint, aboutissant à l'installation d'un tambour filtrant qui sépare huiles, eau et résidus métalliques des effluents de l'atelier de rectification. Résultat : les risques de pollution de la Durolle, la rivière toute proche, sont désormais écartés. Coût de l'investissement : 380 000 €, financés à 40 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Générale de découpage : allier économie d'eau, développement économique, et milieu naturel protégé

Vidéo - Générale de découpage : allier économie d'eau, développement économique, et milieu naturel protégé

novembre 2020

© Agence de l'eau Loire-Bretagne et Une image à part

Voix-Off : Une usine de 6 500 mètres carrés, plus de 100 robots et machines à commandes numériques : voilà à quoi ressemble la coutellerie d’aujourd’hui. Ce métier artisanal est devenu industriel.
Dans le bassin industriel de Thiers, berceau de la coutellerie française, la société générale de découpage, est spécialisée dans le travail de l’acier, depuis le 17eme siècle. Les 110 salariés du site, produisent 100 000 pièces par jour, des lames techniques, des pièces mécaniques, pour 300 artisans, orfèvres, industriels, et pour la grande distribution.

Stéphane GUILLAUMONT, Co-président Société Générale De Découpage / La Monnerie-Le Montel (63)
« La typologie de produit a beaucoup changé. On est passé à très peu de produits, fabriqués en très grande série à des centaines et des centaines de références aujourd’hui, qui sont produites en séries souvent plus limitées.
Le seul but de cela c’est de coller au plus près aux attentes des clients, qui souhaitent renouveler les produits régulièrement, profiter d’un effet de mode, de matériaux. »

Voix-Off : Ce qui n’a pas changé en revanche depuis des siècles : c’est l’utilisation de l’eau, indispensable à la fabrication de couteaux, au travail de l’acier. Elle est dans tout le process de fabrication aujourd’hui.

Stéphane GUILLAUMONT
« C’est entre 900 et 1 200 m3 d’eau qui sont utilisés dans le process chaque jour, forcément chargés de métaux, d’huile de coupe. Donc c’est absolument impensable de rejeter cette eau de process dans la nature »

Voix-Off : Alors comment consommer moins ? Et comment mieux gérer les déchets générés par la fabrication ?
C’est sur ce dossier qu’on planché l’industriel, l’agence de l’eau, et la chambre de commerce et d’industrie : un partenariat constructif, efficace.

Bruno TEXIER, Chargé d’interventions Délégation Allier –Loire amont  / Agence de l’eau Loire Bretagne
« Le problème auquel était confronté l’industriel était majeur et il fallait trouver une solution rapide.
Donc en l’espace de 3 à 4 mois, nous avons effectivement fait le diagnostic, ce qui a permis de suivre les conclusions et d’arriver à la solution. »

Stéphane GUILLAUMONT
« L’implication de l’agence de l’eau a rendu les choses plus faciles, avec un discours très intéressant parce que très simple, très ouvert, concret, proactif. »

Voix-Off : Résultat  : la construction de ce drôle de tambour, dans l’atelier de rectification, le meulage. C’est un tamis géant qui filtre les eaux et fluides générés par le traitement de surface des pièces usinés.

Bruno TEXIER
« Lorsque les lames sont usinées sur la machine de rectification, le fluide qui est utilisé et qui contient des huiles, tombe dans un puisard qui est pompé et qui est filtré par ce tambour rotatif, ce qui permet de séparer l’huile d’un côté et l’eau et les résidus métalliques et notamment les matières en suspension. »

Stéphane GUILLAUMONT
« Alors ce n’est pas zéro déchets mais ce sont des rejets qui sont maîtrisés, qui sont gérés, qui partent en recyclage, qui ont une deuxième vie.
On parle d’une économie d’eau équivalent à deux piscines d’un particulier à l’année, donc c’est pas dingue. Par contre, ce que l’on gagne, c’est que cette eau est de bien meilleure qualité et on la réutilise très longtemps. »

Voix-Off : Bilan : avec le recyclage de tous les effluents issus de l'atelier "traitement de surface", les risques de pollution de la rivière toute proche sont écartés.

Bruno TEXIER
« Ça va dans le sens des missions de l’agence puisque ça répond tout à fait à nos objectifs d’aider les industriels à polluer le moins possible dès la source. »

Voix-Off : Cet investissement a coûté : 380 000 euros, 60 % à la charge de l’entreprise, 40 % pour l’agence de l’eau

Stéphane GUILLAUMONT
« Financer des outils qui ne paraissent pas productifs dans un premier temps, on se rend compte que ça a un double impact, et au niveau de l’écologie et de l’environnement et au niveau du process.
L’amélioration des cadences, l’amélioration de la qualité, des conditions de travail pour les salariés qui étaient meilleures. L’ensemble fait que, sur une durée probablement de l’ordre de 10 ans, cet investissement sera financé. Je peux vraiment qualifier l’opération de succès aujourd’hui. »

Voix-Off : Pas de stockage, pas d’évacuation : aujourd’hui, les risques de pollution accidentelle, sur site et lors du transport, sont également écartés.
Dans la vallée industrielle de Thiers, une quarantaine d’usines et ateliers tournent encore à plein régime, et pourtant, à 500 mètres de la société générale de découpage, la qualité de l’eau de la Durolle s’est belle et bien améliorée.

Bruno TEXIER
« Il était important de lancer des programmes d’actions pour restaurer la qualité de l’eau mais aussi protéger les ressources en eau puisqu’elles sont alimentées principalement par les petites sources dont, aujourd’hui, le débit est altéré par les évolutions récentes du climat.
L’agence de l’eau ne pourra le faire qu’avec les acteurs locaux. Les industriels font partie de ces acteurs qui peuvent agir pour la protection de l’environnement tout en inscrivant leur activité de manière durable. »

Boules de pétanque OBUT : la suppression des rejets liquides de l'atelier de traitement de surface

Comment le leader mondial de la boule de pétanque a supprimé tous ses rejets liquides grâce à un virage technologique de 4 ans. À Saint-Bonnet-le-Château, dans la Loire, l'entreprise familiale OBUT chromait jusqu'en 2016 ses boules avec un traitement chimique dont les rejets étaient évacués vers un affluent de la Loire. Pour protéger l'environnement, l'entreprise a développé un procédé de brunissage innovant, aboutissant à un rejet zéro dans le milieu naturel, une réduction de 70 % de l'usage de produits chimiques et une consommation d'eau divisée par vingt. Montant de l'investissement : 870 000 €, financés à 45 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Boules de pétanque OBUT : suppression des rejets liquides de l'atelier de traitement de surface

Vidéo - Boules de pétanque OBUT : suppression des rejets liquides de l'atelier de traitement de surface

octobre 2019

© Agence de l'eau Loire-Bretagne et Une image à part

Jusqu’en 2016, les boules loisirs et compétitions étaient chromées avec un traitement chimique. Mais pour protéger l’environnement et les ressources en eau, les dirigeants d’OBUT ont pris un virage technologique. Pendant 4 ans, ils ont repensé le process de traitement de surface des boules de pétanque. Recherche, tests, essais, une ligne de chromage a été supprimée, une autre transformée en chaîne de brunissage.

La suppression des rejets liquides de l'atelier de traitement de surface des boules de pétanque OBUT

Voix-Off : Niché dans le Haut-Forez, à 40 kms de Saint-Étienne, Saint-Bonnet le Château, 1 500 habitants et le leader mondial de la boule de pétanque. De l’acier brut forgé, 2 coquilles assemblées, puis les 82 salariés d’OBUT, soudent, polissent, personnalisent 2 millions de boules de pétanque chaque année. Une fabrication 100 % française depuis 1955. La clé du succès de cette saga familiale, c’est donc un savant dosage entre la tradition métallurgique de la région et l’innovation.

Romain SOUVIGNET, Directeur général

« Ces 100 % France comptent bien évidement. La force d’OBUT c’est d’avoir, chaque année, investi dans l’outil industriel, investi sur l’image de marque, sur la communication. On est sur un élan de respect de l’environnement qui est peut-être pas la priorité mais qui est constant. »

Voix-Off : Jusqu’en 2016, les boules loisirs et compétitions étaient chromées avec un traitement chimique. Mais pour protéger l’environnement et les ressources en eau, les dirigeants d’OBUT ont pris un virage technologique. Pendant 4 ans, ils ont repensé le process de traitement de surface des boules de pétanque. Recherche, tests, essais, une ligne de chromage a été supprimée, une autre transformée en chaîne de brunissage.

Romain SOUVIGNET, Directeur général
« C’est une chaîne de traitement de surfaces. On va venir brunir les boules pour les protéger contre la corrosion. »

Voix-Off : Grace à ce procédé innovant, tous les rejets, évacués auparavant dans une lagune communale, puis dans un affluent de la Loire, ont donc été supprimés.

Julien LACOUR, Ingénieur - Recherche et Développement

« Nous fonctionnons en rejet zéro. La mise en œuvre du brunissage a permis à OBUT de réduire de près de 70 % en masse, son utilisation de produits chimiques. Pas de chrome, des économies d’eau et des opérateurs, aujourd’hui, qui évoluent dans de meilleurs conditions. »

Voix-Off : Montant de l’investissement pour une production plus propre : 870 000 euros, financé à 45 % par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. D’autres installations ont également évoluées, la station de traitement des eaux a été repensée pour traiter les nouveaux effluents générés par la chaîne de brunissage.
Clémence COUVENT, Responsable RH & Environnement

« On traite les effluents qui arrivent de notre atelier de finition traitement de surfaces. Aujourd’hui on consomme vingt fois moins d’eau que ce qu’on avait auparavant donc on a beaucoup moins prélevé dans la nappe, ce qui est très très intéressant. Ici on est une entreprise familiale. On vit à la campagne, notre entreprise est implantée à la campagne, on fait attention à ce qu’on rejette pour justement ne pas polluer tous les cours d’eau qu’il y a autour de nous. Nous sommes fiers d’avoir réussi à industrialiser le brunissage, fiers des boules brunies que nous produisons et de plus nous sommes fiers de le faire de manière propre. C’était un pari de notre part qui, pour l’instant, fonctionne. »

Voix-Off : La démarche environnementale, ne s’arrête pas là. Les emballages plastiques ont disparu, les cartons sont recyclables. Bref, le pari est réussi. Aux portes de l’Auvergne, OBUT a donc su allier le développement économique aux contraintes environnementales.

Exemples en vidéo, partout en France

En immersion, le média des agences de l'eau
La chaîne YouTube officielle des agences de l'eau : reportages et portraits de professionnels engagés partout en France pour préserver l'eau et les milieux aquatiques.

Dans le bain de l'action
Une playlist de 13 vidéos à la rencontre de professionnels engagés dans des projets de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, partout en France.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
La chaîne officielle de l'agence de l'eau Loire-Bretagne : retours d'expérience, actualités et actions pour préserver l'eau et les milieux aquatiques sur le bassin Loire-Bretagne.

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