Sobriété et économies d'eau

Osmose inverse, circuits fermés, condenseurs adiabatiques : face aux tensions croissantes sur la ressource, les entreprises du bassin Loire-Bretagne réinventent leurs procédés industriels pour produire en consommant moins d'eau. Ces retours d'expériences montrent comment des industriels réduisent leur consommation grâce à des investissements techniques et une démarche d'amélioration continue, avec l'accompagnement financier de l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Vidéos de retours d'expériences

Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

Comment une entreprise agroalimentaire recycle son eau grâce à un procédé d'osmose inverse pour réduire durablement sa consommation. À Châteaubourg, en Ille-et-Vilaine, à moins de 3 kilomètres de la Vilaine, le site de production Olga Sojasun, qui transforme chaque année 8 000 tonnes de soja et consomme 400 000 m³ d'eau, a investi dans une installation d'osmose inverse construite en 2023 pour purifier l'eau issue de son process de transformation, ainsi que dans des tours adiabatiques qui refroidissent sans eau. Grâce à ces équipements, l'entreprise économise 44 000 m³ d'eau chaque année, soit 86 000 m³ entre 2020 et 2024, 22 % de sa consommation globale, tout en ayant construit une canalisation de 2 kilomètres pour rejeter ses eaux épurées vers un milieu plus propice que le petit cours d'eau voisin. Montant des investissements sur 4 ans : 3,2 millions d'euros, financés à 40 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

Vidéo - Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

novembre 2025

© Agence de l'eau / Une image à part

Un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau - Entreprise Olga Sojasun - Châteaubourg – Ille-et-Vilaine

Voix Off

À moins de 3 kilomètres de la Vilaine, et dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau, le groupe Olga relève les défis : produire, innover, réduire la consommation d‘eau, et limiter les rejets.

Voix Off

L’entreprise agroalimentaire familiale et indépendante, compte 1 100 salariés et 3 sites bretons. Ici, à Châteaubourg, les 170 employés transforment chaque année, 8 000 tonnes de soja en 32 000 tonnes de boissons végétales, yaourts et desserts ultra-frais, une production qui nécessite 400 000 m³ d’eau chaque année.

Thierry Collineau - Responsable Industriel – Pôle végétal - Olga - Châteaubourg (35)

« La question de l'eau, elle est fondamentale et obsessionnelle. On y travaille au quotidien. L'eau, on la prend dans le réseau ou dans la nappe. Ce site, il est plutôt pilote effectivement en matière d’impact environnemental et en tout cas de préservation de l'environnement et de réduction des consommations d'eau. »

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« On s'est rendu compte que l'eau n'était pas inépuisable, notamment pendant les derniers épisodes de sécheresse. C'est pourquoi, on met en place un certain nombre d’actions toujours dans la logique des 3R : Réduire, Réutiliser, Recycler. »

Voix Off

Recycler, pour moins consommer, grâce à un système innovant d’osmose inverse. Des dizaines de mètres de tuyaux, des super filtres : cette installation a été construite en 2023, pour purifier l’eau issue du process de transformation du soja.

Jean-François Quinton - Responsable d’atelier - Olga - Châteaubourg (35)

« On a 2 étages de filtres. Ce qui rentre à l'intérieur va passer par 15 étages de membranes avec des pores extrêmement fins. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Et avec la pression, on va passer à travers les membranes d'osmose, éliminer les minéraux, virus et bactéries. Ce qui fait que de l'autre côté de la membrane, on va retrouver une eau complètement purifiée. »

Voix Off

Cette eau recyclée est notamment utilisée dans les chaudières et dans ces tours adiabatiques bâties en 2022.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est une tour adiabatique qui vient remplacer les tours aéroréfrigérantes classiques. Ce n’est plus de l'eau qu'on vient injecter dans la tour. C'est de l'air qui va passer à travers une structure cartonnée et qui va permettre de refroidir le produit. On fait du froid sans eau jusqu'à 26, 27 degrés.

Jérôme Lelièvre - Responsable énergie - Olga - Châteaubourg (35)

« Sur un système aéro, sur la même installation, on était à 9 000 m³ d'eau consommés. Là, on est à 1 000 m³ d'eau consommés par an. »

Voix Off

Pour réduire la consommation d’eau à chaque étape du process, les équipes ont été formées et de nombreux compteurs de télérelève mis en place. Ici, l’entreprise Olga a économisé 44 000 m³ d’eau chaque année grâce à l’osmose inverse et 86 000 m³ entre 2020 et 2024, 22 % de la consommation globale du site. Enfin, pour préserver le petit cours d'eau au faible débit proche de l'usine, l'industriel breton a construit une canalisation de 2 kilomètres pour rejeter les eaux de la station d'épuration.

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« La construction d'une canalisation permet aujourd'hui de rejeter l'eau épurée directement dans la Vilaine où le milieu récepteur est plus propice. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« On est en Ille-et-Vilaine avec simplement 3 % des masses d'eau en bon état. Ce qui rend encore le travail plus compliqué pour les industriels pour trouver de l'acceptabilité en termes de rejets. »

Voix Off

Montant des investissements, ces 4 dernières années, sur le site de Châteaubourg, 3, 2 millions d’euros financés à 40 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est un site exemplaire par tout ce qu'il a pu mettre en place avant pour économiser de l'eau, aujourd'hui, recycler de l'eau. Tout ça, on l'a accompagné. Effectivement les axes de sobriété sont des axes prioritaires de notre programme.»

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« L’agence de l'eau a été un soutien essentiel. Sans ces aides, nous n’aurions pas pu investir autant ou en tout cas pas aussi vite. Pour la préservation en eau, la prochaine étape, avec l'apparition du décret REUSE, c'est d'aller plus loin, réutiliser de l’eau sortie de station d'épuration. L'entreprise d'Olga est pleinement engagée dans le cadre de sa vision 2035 pour préserver la ressource en eau. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Le changement climatique est là. On pourrait très bien avoir des épisodes de sécheresse où on manque complètement d'eau. Donc là, c'est la rupture d'approvisionnement et c'est l'arrêt d'activité. Ça, c'est quelque chose qu'ils ont bien pris en compte aujourd'hui et qu'ils commencent même à intégrer dans leurs retours sur investissements. »

Olivier Clanchin - Président – Groupe Olga - Vice-Président de l’ABEA Association Bretonne Entreprises Agroalimentaires

« Au niveau régional, les entreprises de l'agroalimentaire sont engagées. On a pu réduire, au niveau du territoire, de 15 % notre consommation d'eau. Ce qui représente 6 millions de m³. Moi, ce que j'attends véritablement de l'agence de l'eau, c'est un soutien autour de tous les projets que l'agroalimentaire peut porter pour pouvoir amplifier ces logiques de recyclage de l'eau au sein de nos industries. »

Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier

Comment un industriel agroalimentaire réduit durablement sa consommation d'eau grâce à une politique d'amélioration continue, chantier après chantier. À Sceaux-sur-Huisne, dans la Sarthe, l'entreprise Bahier, premier employeur du secteur avec 450 salariés et 200 000 m³ d'eau consommés chaque année pour fabriquer 18 000 tonnes de charcuterie, a engagé depuis 2015 une succession de projets d'économie d'eau : laveuse de bacs avec récupération des eaux de rinçage, refroidissement en circuit fermé, condenseurs adiabatiques remplaçant les tours aéroréfrigérantes, télérelève des compteurs et réutilisation des eaux usées traitées pour les lavages extérieurs. Cinq chantiers en cinq ans, pour un coût total de 292 000 €, financés à 25 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne, qui ont permis d'économiser 24 000 m³ d'eau chaque année et de faire passer la consommation de 13 à 10 litres d'eau par kilo de produit fini.

Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier

Vidéo - Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier

octobre 2023

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Réduction de la consommation d’eau - Des équipements et de nouvelles pratiques dans l’entreprise Bahier à Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)

[Musique]

Voix-off :
L'entreprise Bahier depuis 1966 est une industrie à la campagne, au bord de la rivière.
Au cœur de la Sarthe, c'est le plus gros employeur du secteur, 450 salariés qui fabriquent chaque année 18 000 tonnes de boudins, de rillettes, de viande fraîche ou cuite.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Chez nous, l'eau fait partie intégrante du process pour fabriquer nos produits et surtout pour le nettoyage de nos ateliers de production qui sert à garantir une sécurité alimentaire de nos produits. »

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« L'économie d'eau, c'est un enjeu important aujourd'hui avec le dérèglement climatique pour les industriels. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« L'industriel doit réfléchir autrement, penser autrement, analyser et comprendre pourquoi il consomme autant d'eau et regarder comment on peut économiser l'eau. »

Voix-off :
Production, nettoyage, refroidissement, 200 000 mètres cubes d'eau sont utilisés ici chaque année. Et c'est pour réduire cette consommation que des travaux ont été lancés en 2015.

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ce qui est intéressant ici, c'est qu'on a eu une succession de projets dans une démarche d'amélioration tous les ans, pas forcément des projets de grande ampleur, mais vraiment une politique régulière d'économie d'eau qui a porté ses fruits. »

Les actions

Voix-off :
Terminé le lavage manuel sans maîtrise de la consommation. Il a été remplacé par une laveuse de bacs avec un bonus, les eaux de rinçage sont récupérées.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Avant, ici, les opérateurs lavaient les cuves avec le jet d'eau, et désormais, la cuve est prélavée avec l'eau de rinçage qui est utilisée pour la cuve d’avant. Aujourd'hui, le lave-cuve permet de suivre la consommation d'eau et également de réduire nos consommations. »

Voix-off :
Dans l'atelier de conditionnement, le refroidissement indispensable des thermoformeuses, très consommateur en eau, se fait aujourd'hui en circuit fermé.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Avant, l’eau allait directement à l'égout et on repompait de l'eau potable pour refroidir nos thermoformeuses. Aujourd'hui, on est en circuit fermé. »

Voix-off :
Dans le process de fabrication, les condenseurs adiabatiques ont remplacé les deux tours aéroréfrigérantes.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Ici, on est sur le toit de la salle des machines qui permet la production de froid de l'ensemble du site. Nos tours aéroréfrigérantes qui permettaient la production de froid, ont été remplacées par ces condenseurs adiabatiques, que l’on voit derrière moi. Dans ces condenseurs, on n'utilise pas d'eau, on a supprimé l'utilisation de produits chimiques qui étaient utilisés dans les tours aéroréfrigérantes pour traiter l'eau. Donc avec ces condensateurs, on économise 90 % d'eau. »

Voix-off :
La relève des compteurs d'eau est automatisée. Elle permet d'identifier les dysfonctionnements et de traquer les fuites en temps réel.
Enfin, dans la station d'épuration, un nouveau système de filtration permet aujourd'hui de réutiliser les eaux usées traitées pour les lavages extérieurs et la préparation des réactifs. Le coût de l'ensemble des travaux : près de 292 000 euros, financés à 25 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ça permet vraiment de le faire rapidement et de déclencher la décision. »

Eric Descombes, Créateur du projet environnement - Bahier - Maire de Sceaux-sur-Huismes (Sarthe)
« Oui, c'est incitatif, évidemment, l'opportunité est de se dire on va avoir du matériel performant pour mieux laver en consommant moins d'eau, c'est possible. »

Le bilan

Voix-off :
Cinq ans d'aménagement, cinq chantiers et 24 000 mètres cubes d'eau ont été économisés chaque année depuis cinq ans.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« En 2015, on consommait treize litres d'eau pour faire un kilo de produit fini. À la fin de la mise en place de tous les différents chantiers, on est à dix litres pour produire un kilo de produit fini. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier-Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Notre démarche est totalement duplicable et il suffit de mettre les moyens et l'énergie nécessaire en y associant tous les acteurs de l'entreprise. Chaque personne est responsable pour réduire cette consommation. »

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie Eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Les estimations sont de -10 à -40 % de débit des cours d'eau ou de recharge des nappes. Donc il y a forcément un impact pour les industriels d'approvisionnement en eau de leur activité. Donc c'est vraiment important d'économiser au maximum, de rechercher la sobriété et de faire la même activité avec moins d'eau. »

Eric Descombes, Créateur du projet environnement - Bahier - Maire de Sceaux-sur-Huismes (Sarthe)
« Beaucoup de choses sont faites, il en reste encore au moins tout autant. Je ne serais pas étonné que dans les années qui viennent, on consomme encore beaucoup moins. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier-Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« On est garants de l'environnement qui nous entoure. Quand on est un industriel au cœur d'une campagne, il faut aussi penser aux futures générations. »

Voix-off :
Plus que jamais, pour les industriels, l'enjeu est donc économique, environnemental et durable.

Exemples en vidéo, partout en France

En immersion, le média des agences de l'eau
La chaîne YouTube officielle des agences de l'eau : reportages et portraits de professionnels engagés partout en France pour préserver l'eau et les milieux aquatiques.

Dans le bain de l'action
Une playlist de 13 vidéos à la rencontre de professionnels engagés dans des projets de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, partout en France.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
La chaîne officielle de l'agence de l'eau Loire-Bretagne : retours d'expérience, actualités et actions pour préserver l'eau et les milieux aquatiques sur le bassin Loire-Bretagne.

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