La rivière Céphons retrouve son bon état

Depuis 15 ans, le syndicat de bassin du Nahon dans l’Indre s’emploie à restaurer la Céphons victime d’anciens déversements de polluants. Au programme : extraction des boues polluées de la rivière et restauration du lit. Objectif atteint : la rivière revit !

La commune de Levroux compte plusieurs anciens ateliers de fabrication du cuir (mégisseries) dont l’activité date du 19e siècle. Ces industries utilisaient des produits chimiques dont des bains de chrome. Cette activité s’est fortement réduite et les pollutions sont maintenant maîtrisées car les eaux usées sont traitées dans une station d’épuration. Mais, la rivière Céphons a reçu pendant de nombreuses années les eaux usées de ces industries et a été contaminée durablement sur tout son linéaire (15 km). Le chrome accumulé dans les sédiments était toujours présent dans le cours d’eau et se relarguait régulièrement. Cette pollution avait presque anéanti la vie aquatique et constituait un risque pour la population.

Engagés en 2008, les travaux ont permis d’extraire 60 000 m3 de sédiments pollués au chrome sur 14 km, soit environ 16 piscines olympiques. Ceci a entrainé une dégradation physique du cours d’eau. Le fond du cours d’eau et ses berges ont été reconstruits pour permettre à la nature de reprendre ses droits.

Aujourd’hui, le bon état de la Céphons est proche d’être atteint. La rivière a recréé sa dynamique et retrouvé un équilibre.  Les écoulements sont diversifiés : il y a des zones où le courant est rapide sur fond de graviers et des zones plus calmes où les sédiments fins se déposent. Plusieurs espèces de poissons sont présentes : la Loche, le Chabot, le Goujon, le Barbeau ou encore la Truite (qui se reproduit). La présence de la Lamproie de Planer prouve une amélioration de la qualité de l’eau car cette espèce vit dans les sédiments et est sensible à leur pollution.

Image d'illustration

© Jean-Louis Aubert

Joël Réty, président du syndicat de bassin du Nahon

« Nous sommes allés au bout de notre démarche grâce au soutien technique et financier de nos partenaires : la fédération de pêche, l’agence de l’eau, les services de l’État, l’Agence française pour la biodiversité (ex Onema), le Conseil départemental de l’Indre, le Conseil régional Centre-Val de Loire. Aujourd’hui, nous sommes contents des résultats : notre rivière reprend vie. »

La rivière Céphons retrouve son bon état – Syndicat du bassin du Nahon (36)

Vidéo - La rivière Céphons retrouve son bon état – Syndicat du bassin du Nahon (36)

Depuis 15 ans, le syndicat de bassin du Nahon dans l’Indre s’emploie à restaurer la Céphons victime d’anciens déversements de polluants. Au programme : extraction des boues polluées de la rivière et restauration du lit. Objectif atteint : la rivière revit ! Lauréat des trophées de l'eau Loire-Bretagne 2017

juin 2017

© C tout vu - Agence de l'eau Loire-Bretagne

 

Voix off : « Polluée pendant près de trente ans par les rejets chimiques des industries locales de fabrication du cuir, la Céphons était devenue au fil des années une rivière sans vie. Les années de procédure et des travaux conséquents ont permis de restaurer le cours d’eau, devenu une véritable fierté pour les habitants des environs. »


Joël RETY, président du Syndicat du bassin du Nahon, maire de Veuil : « Ce point noir était dû à une pollution des mégissiers de Levroux qui rejetaient tous les détritus, tous les traitements dans cette rivière : le chrome, tous les détergents, tout ce qui pouvait se passer pour la fabrication des peaux. Il n’y avait plus de poisson, il n’y avait aucune végétation, les animaux ne pouvaient plus y vivre tellement c’était pollué. L’eau était noire, on avait souvent aussi des mousses qui apparaissaient au déversoir, et tout ça, qui pouvaient représenter un mètre de haut, voilà un petit peu pourquoi je dis que c’était une rivière morte. »

 

Bruno BARBEY, directeur de la Fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de l’Indre : « La première étape qui a été mise en œuvre dans les années 90, ça a été déjà de refaire la station d’épuration de la ville de Levroux en amont, d’avoir une eau traitée et qui soit aujourd’hui de qualité. Une fois que cette eau a été traitée, les eaux sont devenues transparentes, on s’est rendu compte qu’il y avait une accumulation de pollution dans les sédiments et, à titre exceptionnel, au niveau départemental et régional, il a été décidé collégialement, tout le monde était vraiment d’accord, du curer la rivière. »


Joël RETY, président du Syndicat du bassin du Nahon, maire de Veuil : « Les boues ont été mises dans des embâcles avec des géotextiles. Le chrome, c’était du chrome trivalent, on pouvait le stocker sur place. »


Bruno BARBEY, directeur de la Fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de l’Indre : « Il a été curé environ 25 000 tonnes de sédiments, ça représente quand même 16 kilomètres de long, le volume d’un peu moins de 20 000 mètres cubes. Globalement, c’est environ un mètre cube de sédiment au mètre linéaire de rivière. Il a fallu quand même, une fois les travaux de curage faits, restaurer, comment on dit, le matelas alluvial de la rivière, c’est-à-dire le fond du cours d’eau, pour mettre ce que l’on appelle de la recharge granulométrique. Donc tout le fond de la rivière a été retapissé avec des alluvions, des cailloux, des graviers. L’objectif était vraiment de diversifier les écoulements avec des zones profondes, des zones moins profondes, des zones de courant, des zones lentes. Et donc il a été rajouté beaucoup beaucoup de matière alluviale et en plus il a été ajouté ce qu’on appelle des micro-seuils ou des épis. L’objectif étant clairement de vouloir redifférencier les écoulements et de faire une diversité d’habitats, qui permette le développement d’une vie biologique au sein de la Céphons. »

 

Delphine LARTOUX, animatrice du Contrat territorial Fouzon, Syndicat mixte du pays de Valençay en Berry : « De faire ce même type d’aménagements sur l’ensemble du bassin versant va forcément permettre son amélioration au fil du temps. Ça a été un facteur déclencheur pour l’ensemble des syndicats du bassin versant du Fouzon, donc 5 syndicats de rivière. Ça prend du temps mais au final ça ne peut qu’être positif pour le cours d’eau en tous cas. »


Jean-Pierre CHÊNE, Maire de Moulin sur Céphons : « D’une part on a augmenté le contenu de la rivière, ce qui nous permet d’avoir moins d’inondations et, aujourd’hui, nous avons une qualité et une quantité d’eau importante. Ça nous permet aussi, puisque nous sommes dans un milieu agricole, de faire voir que tout le monde participe à produire de l’eau propre. »

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